Un enfant de pauvres de Christophe HONORE et Gwen LE GAC

Posté par Maman Véronique, Mardi 24 oct 2017 dans roman jeunesse

un enfant de pauvesEn 21 paragraphes et un peu plus d’illustrations, ce roman graphique nous plonge dans le vie de cet enfant qui raconte « comment il est devenu un enfant de pauvres ».

Enzo a 8 ans quand son monde commence à changer, les choses disparaissent chez lui, son père s’en va, sa mère est triste … ils sont obligés d’aller vivre chez une amie. Il ne comprend pas tout de suite ce qui se passe. Il en veut à sa mère et petit à petit il comprend.

Récit à la première personne, on vivra avec lui son incompréhension, sa colère, sa honte quand il se sent obligé de se fâcher avec son meilleur ami pour ne pas aller à son anniversaire car il ne peut rien offrir. Heureusement en chemin, il rencontre Ethel et sa maman, et une passion. Après avoir tout perdu, c’est l’histoire d’une reconquête. Finalement, il va au-delà de ce qu’il avait prévu de nous raconter et ça fait du bien.

On peut le lire très vite, on peut aussi prendre le temps de s’absorber dans les magnifiques illustrations, tour à tour montage photos ou peintures. Une belle découverte.

Un extrait :

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On ne devient pas pauvre du jour au lendemain, mais c’est du jour au lendemain qu’on décide qu’il faut faire attention à l’argent. Je ne comprenais pas grand-chose à l’argent quand j’avais 8 ans. Je me doutais qu’un blouson coutait plus cher qu’un tee-shirt. Mais j’étais incapable de mettre un prix sur les choses. J’ai appris. Quand je dis, j’ai appris, ça signifie que principalement, j’ai appris à dire « non ».

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De toute façon, je crois que dans ma tête, je resterai toujours un enfant de pauvres, même si un jour, je suis vraiment riche. Je ferai toujours partie des gens qui hésitent à dire « oui » au bon côté des choses. Je resterai méfiant. »

un enfant de pauvres extrait

En France, en 2015, d’après l’UNICEF, plus de 3 millions d’enfants, soit un sur cinq, vivaient sous le seuil de pauvreté, 30 000 étaient sans domicile, 9 000 habitaient des bidonvilles et 140 000 arrêtaient l’école chaque année.
(merci à Blogamoi d’où  je tire les chiffres sur la pauvreté en France)


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JAN de Claudine Desmarteau

Posté par Maman Véronique, Mercredi 8 fév 2017 dans roman jeunesse

jan claudine desmarteau couverture Je poursuis ma quête : approcher le monde des ces enfants, ados qui ont un quotidien difficile, un « milieu défavorisé » dirait nos sociologues ou politiques.

Je suis tombée à la bibliothèque sur le roman JAN, une pépite !

« Mon prénom entier, c’est Janis et j’en ai jamais raffolé. C’est la faute de mon père qui était fan dans sa jeunesse d’une chanteuse morte qui s’appelait Janis Joplin. Une qui gueulait fort avec sa voix toute déraillée comme si elle avait fumé tout le magasin de tabac dans une seule soirée. [...] Elle se droguait les veines et elle est morte rapidement d’une superdose.  »

Jan a 11 ans, elle vit entre son père chômeur tendance alcoolique, sa mère qui assume et qui est à bout, son petit frère qu’elle protège envers et contre tout.

Jan est colère contre ces adultes qui n’assument pas leurs responsabilités, contre les profs qui la cataloguent en moins de temps qu’il n’en faut parce qu’elle parle un peu trop facilement avec ses poings. Jan décrit avec ses mots le monde qui l’entoure sans concession. Il faut l’entendre parler de ses potes qui passent leurs temps à jouer au jeux vidéos, des banques impitoyables ou de la « bande des alcooliques inconnus ». De ses yeux d’enfant, elle pointe les incohérences, les injustices de notre société, l’engrenage de la misère.

On suit cette famille au bord du gouffre, les aventures de Jan au collège, avec son pote Amir, son frère, l’assistante sociale. Où la mènera cette rage, comment va t’elle s’en sortir ?

Le style claque, gouailleur, familier, fleuri, énervé, avec un sens de la formule et des mots d’adultes digérés par une enfant de 11 ans. Pas de temps mort, on se laisse emporter. Un régal.

« J’ai eu des ennuis au collèges et ça s’entasse avec ceux de la maison mais c’est toujours comme ça : les ennuis, ils attaquent en bande, y a même un proverbe qui dit  qu’un ennui n’arrive jamais seul.  »

Ailleurs sur le web : une autre critique

Roman jeunesse sorti en avril 2016 aux Editions Thierry Magnier – A partir de 12 ans

 


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Dysfonctionnelle de Axl Cendres

Posté par Maman Véronique, Dimanche 1 mai 2016 dans roman jeunesse

Dysfonctionnelle Axl CendresVoilà un joli roman bien enlevé qui dépeint l’enfance et l’adolescence de Fidèle alias Fifi ou Bouboule … Sa famille est dysfonctionnelle : son père enchaine les allers retours en prison et sa mère à l’asile. Elle grandit avec ses 6 frères et soeurs dans le bar que tient son père à Belleville avec son oncle, les potes du père, piliers de bar et fans de foot, qui finissent leur soirée sur « Ma gueule » de Johnny H. Et puis, il y a Zaza, sa mamie, qui réconforte avec de bons couscous. La famille est joyeuse, aimante, pleine de vie malgré un quotidien pas simple.

On suit donc les tribulations de Fifi, dans sa famille, à l’école, au collège, dasn un lycée du XVIème ou dans un squatt de Paris. Elle découvre les autres, on assiste aux premières amitiés, aux premiers émois amoureux, ses joies et ses peines et puis la vie qui continue. Elle est la narratrice, elle a un sens de la répartie, un talent pour dépeindre les situations. Et c’est rafraichissant.

 

Un bon moment de lecture pour une plongée dans une famille de milieu populaire !

Editeur : Sarbacane. Oct 2015

A partir de 12-13 ans


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Le Chat aux Yeux d’or de Silvana de Mari

Posté par Maman Véronique, Lundi 26 oct 2015 dans roman jeunesse

Le chat aux yeux d or Sylvana de Mari

« Premier jour des collèges pour Leila. A peine arrivée, celle-ci fait figure d’extraterrestre dans sa nouvelle classe. Il faut dire qu’avec une mère éleveuse de lombrics, un père absent et un prénom hérité d’une princesse de la Guerre des étoiles, elle ne passe pas inaperçue. Les élèves, issus de milieux plus aisés, se moquent de cette fille pauvre qui vit près des marais avec d’autres immigrés. Mais il y a ce chat dans le collège qui semble l’inviter à braver les autres, ce chien adorable qu’elle recueille, ses anciens amis du camp de réfugiés … et cette prof d’italien qui l’a prise en grippe. Comment va t’elle réussir cette première année au collège ?  »

C’est un roman touchant tout en finesse sur l’adolescence, la difficulté de nouer des amitiés quand tout oppose, mais aussi sur l’entraide, une invitation à aller la face voir la face cachée du miroir : chacun n’est pas ce qu’il parait. Leïla et sa bande va bien grandir le temps de cette année de 6ème. Le tout bien écrit avec de la fantaisie, de l’humour, de la tendresse tout en étant bien ancré dans la réalité sociale : comment un enfant s’insère à l’école ? quel est le sort de ceux qui restent à côté, dans les camps ?

Je n’ai pu m’empêcher de penser à Verte de Marie Desplechin car Leïla et Verte ont en commun de se démener avec la pré-adolescence et la différence mais là où Verte évolue dans un monde fantastique de sorcières, Leïla, elle, se coltine un quotidien bien réel de famille isolée, monoparentale, précaire, la vraie vie de beaucoup plus d’enfants qu’on croit aujourd’hui… même s’il y a ce chat un rien fantastique (chut je n’en dis pas plus). Certains thèmes abordés sont durs mais la fin est heureuse.

Je l’ai conseillé à ma fille de 11 ans qui a beaucoup apprécié.


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