La catastrophe au Japon, comment en parler aux enfants ?

Posté par Maman Véronique, Mercredi 16 mar 2011 dans Pour les parents

pas d'image pour parler de la catastrophe japonaise aux enfants

Devant la profusion des images de l’horreur que vivent actuellement les japonais, à la télé ou à la une des journaux, je m’interroge sur ce que l’on peut, doit dire aux enfants et comment vivent-ils cette angoisse latente des adultes face à cet évènement.

Une évidence : nous sommes plongés dans cet actualité depuis samedi, ils ne peuvent y échapper. Si vous n’allumez pas la télé, ils « choperont » au vol une image sur votre ordinateur ouvert sur lemonde.fr, attraperont un de ces journaux distribués gratuitement sur le chemin de l’école, ils en parleront dans la cour de récré avec « ceux qui savent ». Bref, on ne peut pas les isoler.

Mais comment ne pas les affoler, créer psychose, angoisse ?  Un pédo psychiatre parlait sur une radio du syndrome du  monde dangereux, qui peut être engendré par les images de la catastrophe. L’enfant se retrouve avec une angoisse permanente des dangers qui peuvent survenir à tout moment.

Je me souviens avoir eu peur seule dans mon lit qu’un volcan surgissent au pied de la maison suite à une intervention d’un spécialiste dans ma classe de CE2 qui avait assuré qu’un volcan pouvait surgir comme ça, sans prévenir. Je me rappelle aussi des angoisses que pouvaient créer les premiers films d’horreur que j’ai entraperçus. Ici, c’est la réalité.

Alors pour mes enfants, j’ai choisi de leur en parler parce que j’ai un contrôle sur ce que je dis, les mots que j’emploie. En parlant la première, je les arme face à ce qu’ils entendront ailleurs. Avec des mots simples sans dramatiser, en répondant aux questions, j’ai bien insisté sur le fait que c’était bien loin de chez nous, que nous ne risquions pas un tel tremblement de terre et puis j’ai en évoqué les secours sur place.  Mais pas d’images.

Ce spécialiste de l’enfance préconisait lui aussi de ne pas montrer d’images qui vont au delà de l’imagination d’un enfant et qui peuvent le traumatiser. Un tout petit (moins de 6 ans) aura du mal à mettre  à distance, si une maison est emportée à la télé, pourquoi pas la sienne demain ? Sans image, ils imaginent à leur mesure.

Les un peu plus grands (plus de 7 ans) peuvent avoir accès à des journaux de leur âge où l’info est retravaillée, adaptée à leur niveau. Alors qu’avec un journal de 20 heures live, une émission de radio, nous n’avons aucun contrôle sur les images qui vont apparaître : un entassement de corps, les mots employés lors d’un témoignage de celui qui a tout perdu par exemple…  J’ai entendu « la vague avale la Terre », c’est terrifiant. Aux images de la catastrophe, viennent s’ajouter la stupeur, le désarroi de nous, spectateurs et parents qu’il peut lire sur notre visage, c’est trop pour lui.

Au collège, je pense que plus les années passent, mieux ils sont armés pour gérer, digérer l’information à condition qu’un adulte soit là pour expliquer ou que dans les classes, on puisse en parler, échanger encadré par l’enseignant.

Et vous, avez-vous abordé le sujet ? comment ?

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