Quelques minutes après Minuit de Patrick Ness, illustré par Jim Kay, idée originale de Siobhan Dowd

couverture du livre-quelques-minutes-apres-minuit patrick ness

« Maman, il faut que tu le lises, tu verras, c’est très triste mais c’est très beau aussi.  » Et ma fille de 10 ans m’a tendu ce livre Quelques minutes après minuit.

Dès la prise en main, j’ai été subjuguée par les illustrations qui parsèment, mangent le livre à la fois, elles sont sombres, inquiétantes et magnifiques. Voyez plutôt :

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Je n’ai pas lu le dos de couverture, je me suis lancée. Le sujet est dur : Connor,un jeune garçon, vit avec sa maman qui lutte contre un cancer (même si le mot n’est pas dit au début) et les suites des chimios. Le quotidien n’est pas facile : son père est parti vivre aux Etats Unis avec une autre femme, sa grand-mère qu’il ne supporte pas débarque à la maison pour les aider et au collège, il se fait malmené par Harry et sa bande. Et toutes ses nuits sont hantées par le même cauchemar. Bientôt, un arbre monstre vient lui parler quelques minutes après minuit, il lui raconte 3 histoires initiatiques, intrigantes. Que vient chercher ce monstre ?

Alors oui, on pleure, on est bouleversé par ce qui vit cet enfant. Le texte est beau, le monstre plein de sagesse et les illustrations amplifient ce que l’on ressent. C’est un roman magnifique qui ose mettre des mots sur ces moments difficiles : la maladie, la perte d’un parent. Ces sentiments de peur qui nous envahissent, peur de ce qui peut advenir et peur aussi de reconnaitre ce que l’on ressent.

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Le monstre n’est pas venu effrayer Connor. Il vient lui apprendre que la vie n’est pas comme dans les contes de fées ou les films où tout finit bien, où le héro est un gentil et le méchant un vrai méchant. Grâce aux histoires racontées par le monstre, Connor va petit à petit accepter la vérité, celle de la vie où rien n’est tout blanc, ni tout noir. Et surtout il acceptera sa vérité, ses sentiments contradictoires mais humains qui ne remettent pas en cause l’amour qu’il porte à sa maman.

Connor : « Je ne comprends pas. Qui est le gentil, dans l’histoire ?  »

Le monstre : « Il n’y a pas toujours un gentil. Et pas toujours un méchant non plus. La plupart des gens sont entre les deux. »

Connor : Ton histoire est nulle, c’est une véritable arnaque.

Le monstre : Mais c’est une histoire vraie. Bien des choses vraies ont l’air de tromperies. Les royaumes ont les princes qu’ils méritent, les filles de fermier meurent sans raison, et des sorcières méritent parfois d’être sauvées. Très souvent même.  Tu serais étonné.

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Et voici la bande annonce anglaise qui fait la part belle aux images de Jim Kay :

Patrick Ness a écrit ce livre sur une idée de récit de l’auteure Siobhan Dowd qu’elle n’a pu achever car emportée par la maladie. Je vais essayer de me procurer les romans de ces deux auteurs…

Quant à Jim Kay, il a été choisi pour les illustrations d’une nouvelle édition de Harry Potter … sortie prévue en octobre 2015.

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Dans le lecteur CD des vacances

Enfantillages de Adelbert

Enfantillages de Adelbert Enfance et MusiqueDe la vraie musique, des paroles pas bêtes et drôles de préférence, des duos très sympathiques. Voilà le cocktail que propose Adelbert pour la joie des enfants et des parents (qui risquent d’entendre quelque fois ce CD pendant les voyages en voiture …) . Ca commence par « on ne peut rien faire quand on est petit », en même temps, le môme met les DVD dans le micro ondes ou teint les poils du chien ! Plus loin, avec les ogres de Barbarks, une chanson endiablée sur fond de western ou une autre plus reggae « Super mamie », une mamie avec des tatouages en duo avec Clarika ! Et celle qui fournit des excuses pour louper l’école.  On rencontre aussi Maxime Le forestier, Anne Sylvestre ou Renan Luce.

Je viens de découvrir qu’il a fait d’autres albums … on attendre un peu, profitons profitons de celui-ci mais sûr que nous les écouterons.

 

 

 

 

BOURVIL pour les enfants chez Enfance et Musique

Bourvil pour les enfants CD enfance et musiqueSi vous voulez faire découvrir »la tactique du gendarme » et autre « La papeau des pompiers », c’est super. Des chansons un peu désuètes mais avec des jeux de mots, de l’humour et le phrasé de Bourvil. Le voilà parti à chanter pour un groupe d’enfants qui le chahutent gentiment entre chaque chanson. De la poésie avec Ma petite chanson … de l’humour pipi popo avec « les enfants fan fan » et son rire inimitable et contagieux.

Et un CD pour les parents… j’ai découvert le chanteur que je ne connaissais pas, tout en nuance, poétique, sensible … un seul regret, il n’y a pas « salade de fruits » !!!

 

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La passe-mioir – Livre 1 : Les fiancés de l’hiver de Christelle DABOS

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Admirez la couverture de ce livre. Tout y est : une cité qui flotte dans les airs, un air de château un peu désuet, un peu fantastique. Que renferme cette cité ?

Un cour, digne descendante de la cour de Versailles, où se trament intrigues, illusions et pièges. L’héroïne, Ophélie, jeune fille un peu gauche, cachée derrière ses lunettes, emmitouflée dans sa longue écharpe … vivante est projetée dans cette cité. Elle doit épouser Thorn un redoutable et mystérieux homme du clan des Dragons.

Comment Ophélie s’en sortira-t’elle ?  Trouvera-t’elle quelqu’un en qui avoir confiance ? Quels sont les pouvoirs des uns et des autres ? Pourquoi l’avoir choisi elle pour épouser cet homme ?

Je ne peux en dire plus sans dévoiler les trésors d’imagination de Christelle Dabos qui a su créé un monde où le fantastique, le merveilleux se dévoilent au détour d’un couloir. Les personnages sont attachants et intriguants.

Laissez-vous happer par ce roman !

Vivement le tome 2 !!

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Patema et le monde inversé de Yosuhiro Yoshiura

patema-et-le-monde-inverse-sakasama-no-patema-12-03-2014-1-g Le premier film d’animation de Science Fiction que mes enfants auront vu !

Le sujet : après une catastrophe mondiale provoquée par la folie des hommes, le monde se retrouve divisé en deux, certains ont la tête en haut et d’autres vivent en dessous, la tête en bas, en gravité inversée. Et vice versa.

Patema, jeune fille aventureuse vit dans le monde du dessous, souterrain, fait de ruines métalliques post apocalyptiques … elle rêve au monde du dessus dont  lui a parlé un ami aujourd’hui disparu. Au dessus, Age, lycéen rêveur voit passer le temps dans un monde hyper moderne dont l’équilibre est préservé par le respect de règles très strictes (on en regarde pas le ciel !) et le mépris des autres « les inversés » (un air de « 1984″).

Un jour, Patéma tombe littéralement dans le monde de Age … et il la sauve. Ils vont se rencontrer, découvrir leur différence et essayer de faire avec (pas facile de se promener ensemble quand il y en a toujours un qui risque de tomber/s’envoler dans le vide !), et découvrir les secrets de leurs deux mondes.

Voilà un film d’animation japonais qui n’a pas bénéficié d’une grande couverture médiatique et pourtant, il l’aurait mérité : les deux mondes reprennent des codes de la SF (une découverte pour les enfants),  les deux personnages sont très attachants et, leur histoire d’amour naissante tout en petite touche (on devine plus qu’il n’est dit) est touchante (voilà longtemps, que je n’avais pas vu une histoire romantique pour les enfants), les scènes vertigineuses où Patéma tombe dans le ciel sont impressionnantes, le réalisateur arrive à nous faire percevoir cette gravité inversée.

Et puis, encore une fois avec un film d’animation japonais, nous sommes à mille lieux des clichés des grosses productions américaines et ça fait du bien de proposer quelque chose de différent à nos petits bouts !  Une critiques ? les personnages secondaires sont vraiment secondaires … ils auraient gagné à avoir un peu plus d’épaisseur.

Merci à des salles comme l’ABC  à Toulouse de nous permettre de voir ces films.

 

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A voir en famille, à partir de 6-7 ans.

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Alice au pays des singes, TOME I et II, de Tebo et Keramidas

alice au pays des singes tome 1 couvertureNotre dernière trouvaille rigolote à la bibliothèque nomade : Alice au pays des singes.

Imaginez Alice qui tombe dans un trou et au lieu d’atterrir au pays des merveilles, paf, elle est au pays des singes : « mais qu’est-ce que je fiche ici ? » s’exclame t’elle dès la première page de la BD. Mais voilà que des singes arrivent et la prennent pour « Tarzan » !!! Le ton est donné.

Alice est bien embêtée car elle a perdu la mémoire. Flanquée de Eddy le mandrill qui veut la sauver – si le tigre sait que Tarzan est revenu, il voudra le manger ! – la voilà partes dans une folle quête dans ce pays aux plantes carnivores devenue herbivores, au serpent Dodo. Réussira t’elle à rentrer chez elle ?

Les répliques fusent, c’est très drôle, le scénario fourmille de rebondissements et Alice, en petite fille dégourdie qui ne s’en laisse pas compter est géniale.  Bref, je recommande aux petits et aux grands.

alice au pays des singes planche 1

Ce premier tome est suivi d’un livre II au pays imaginaire de Peter Pan, elle atterri direct sur le bateau du capitaine Crochet.

Alice au pays des singes aux Editions GLENA.

Voir la bande annonce de la BD.

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Le dictionnaire du Petit Rebelle de Claudine Desmarteau

le dictionnaire du petit rebelleDans notre quête de livre pour enfant drôle, nous avons trouvé à la bibliothèque Le dictionnaire du Petit Rebelle de Claudine Desmarteau.

Voilà un petit garçon, un peu imbu de sa personne (comme tous les enfants, non ? ) et « rebelle », qui nous explique quelques mots à sa façon. Il est tellement rebelle qu’il ne range pas ses mots dans l’ordre alphabétique comme dans tout dico mais dans l’ordre qu’il veut, car on lui a trop demandé de ranger sa chambre ! C’est plutôt drôle bien tourné et en général ça fait rire parents et enfants. Bon, les parents en prennent pour leur grade pour le bonheur de vos petits lecteurs, J’espère que vous n’êtes pas comme son père qui a des cravates moches et un jogging affreux.

Parmi mes définitions préférées, mais le choix a été dur :

« Bêtises : il n’y a pas que les enfants qui font des bêtises. Les parents en font plein mais il n’y a personne pour les gronder.  »

« Rire : on peut rire de tout mais pas avec n’importe quels parents. »

On trouve aussi la définition de l’utérus … « Il y a des millions d’années, les dinosaures, les tricératops et les utérus vivaient en très bon termes. Puis un astéroïde les a tous explosés. » (ça c’est un spéciale dédicace pour mon neveu.)

On y trouve aussi des histoires « inhumaines » pour les mots « Réveiller » et « Cartable » …. Ce petit rebelle voudrait nous faire pitié !

Le style crayonné des dessins en rouge et noir renforce le côté caricature humoristique un peu grinçant.

Ici, nous avons adoré.

Le dictionnaire du Petit Rebelle de Claudine Desmarteau aux éditions Seuil Jeunesse.

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Game Over or Not Game Over

Offrir ou ne pas offrir Game Over à un petit garçon … je vais tenter de vous donner ma réponse …

game over affiche C’est mon fils qui m’a fait découvrir la BD GAME OVER de Midam, Adam et Patelin. Il avait 5 ans … Et j’ai été affligée. Je vous explique : Game Over met en scène un personnage de jeu vidéo, Petit Barbarte, un « avatar » comme disent ceux qui jouent, les gamers on les appelle. L’ambiance est moyenâgeuse, le personnage, sorte de chevalier en culottes courtes poursuit sa quête : délivrer sa princesse tout en dézinguant de multiples monstres aussi horribles que bêtes. Autant vous le dire tout de suite, il n’y arrive jamais, chaque planche se terminant invariablement par un « GAME OVER ».

Comment vous dire : la princesse est pas belle, stupide, préoccupée par son apparence avec souvent de  bonnes intentions mais qui leur causent pas mal d’ennuis, le « héros » est pas bien malin non plus et cela finit en général en chair à pâté avec viscères, yeux qui sautent et marre de sang. Ce sont ces illustrations trash qui m’ont dérangée et qui faisaient hurler de rire mon fils car au lieu de lire game over, je m’écriais « bahhhh mais c’est affreux ! », « hiii c’est horrible ! » , « Mais c’est dég… outant ! ». C’est sûr, c’est très très loin de Boule et Bill et pourtant …

Pourtant, j’ai changé d’avis … c’est une BD sans texte (ou casi) donc accessible dès 5 ans, c’est souvent drôle si on n’est pas gêné voire si on aime le côté « gore » de la BD , idem pour la vision plutôt misogyne de la princesse (mais comme y en pas un pour rattraper l’autre … ça va) et ça aiguise le sens de l’observation et la logique : en effet, si on a loupé l’indice ou le mécanisme dans une des premières cases de la planche, impossible de comprendre la chute finale… mon fils m’en a expliquées quelques unes … (le soir, je suis un peu à la rue … mais bon on a du aussi m’expliquer Polo aime les moules frites alors ça en dit long sur ma fatigue certains jours). Un humour sans pitié, jouissif : mais comment ça va rater cette fois encore. Surtout que parfois, on y croit, ça a l’air bien parti pour le héros s’en sorte mais implacablement : Game Over. Une BD pour faire découvrir l’humour noir aux enfants, une fois qu’on a accepté ça, on peut y aller !!

Bref une BD transgressive pas bête qu’un enfant peut  » lire » (décrypter) seul tout en se marrant.

Tout public mais âmes sensibles s’abstenir, je vous laisse en compagnie de nos héros, une planche qui illustre bien mon propos.

 

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BE Game Over de Midam, Adam et Patelin aux éditions Mad Fabrik.

 

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Une part de ciel de Claudie Gallay

couverture du livre Une part de ciel de Claudie Gallay

J’ai retrouvé avec plaisir l’univers de Claudie Gallay dans Une part de ciel. Nous sommes au Val, dans un petit village des Alpes, pas loin de la frontière avec l’Italie. La nature est omniprésente, rude et belle. La fin de l’année approche, Carole vient là attendre le retour de son père, Curtil. Elle retrouve sa jeunesse, son frère, sa soeur, son amour de jeunesse … Curtil viendra t’il ? Que sont devenus les gens qu’elle côtoyait ? Quels liens les unissent ?

Carole s’installe dans un petit gîte et l’attente du père commence, la neige arrive, la fin de l’année. Le livre voit défiler chaque jour : Carole se lève, traduit un livre, va prendre un café à l’auberge du village où tout le monde se retrouve, passe voir une connaissance, donne un coup de main à l’un ou à l’autre et le lendemain, elle recommence. Par petite touche, on commence à entrevoir les personnages, leur motivation, leur relation à ce village perdu avec un projet de station touristique de ski. Carole restera t’elle ? Quelle est cette culpabilité qu’elle porte depuis toute petite et qui la poursuit ? Peut-elle y échapper, changer ?

Comme chante en ce moment un artiste que j’aime beaucoup – Soan  – il ne se passe rien. Oui rien ou pas grand chose. Ce sont les jours qui se répètent, la vie au quotidien pas toujours facile, ni tendre et ce qui fait la vie, les liens entre humains, les attentions … et la tête de l’autre dans laquelle nous ne serons jamais ! Ces femmes qui attendent des hommes, ces hommes avec une femme toujours loin, au travail …

Il est facile de mettre en parallèle un autre roman de Claudie Gallay : les déferlantes. Dans l’un la mer, ici la montagne, à chaque fois une femme, la quarantaine, seule, qui doit faire un deuil. Là aussi, un  petit village, un bar, des gens de tous les jours, pas exceptionnels mais singuliers avec leurs drames, leurs rêves. Une part de ciel est moins romanesque, il n’y a pas de grand secret à découvrir comme dans Les Déferlantes mais une révélation plus crue qui nous tombe dessus à la fin et en cela, il est plus proche de nous.

Je me suis régalée. Elle m’a emmenée loin de ma vie urbaine pour me faire aimer la rudesse de la montage et mieux trouver les gens qu’on ne voient plus.

Et merci au match littéraire de Price Minister de m’avoir permise de découvrir ce livre.

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